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[Visuel-News]
22-01-2026
La chronique de Pierre Corcos Le Chat de Geluck : une formule qui roule La chronique de Gérard-Georges Lemaire Chronique d'un bibliomane mélancolique
La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 Riflesssioni di un artista scomodo, la falsa conscienza dell'Occidente, Umberto Mariani, Mudima, 216 p.
Umberto Mariani (né à Milan en 1936) est sans aucun doute possible l'un des artistes italiens les plus intéressants de ces dernières décennies. Son parcours peut sembler curieux car il a fait ses débuts avec des tableaux représentants des meubles ou des vêtements féminins qui étaient représentés dans l'esprit du Pop Art. Depuis longtemps, il a renoncé à la figuration pour se consacrer à un art abstrait très particulier puisqu'il utilise exclusivement le plomb, qu'il peint de toutes les couleurs possibles, pouvant être de purs monochromes. En dépit des apparences, il existe un lien entre ces deux étapes de sa carrière. Il provient de son expérience d'étudiant à l'Academia di Belle Art di Brera à Milan. Il y a vécu entouré par les copies en plâtre des oeuvres antiques qui se trouvaient dans les couloirs de cette institution créée par Marie-Thérèse d'Autriche et ensuite largement agrandie par Bonaparte, dont la statue trône au centre de la cour d'honneur de l'Académie, notre héros national étant représenté entièrement nu dans un bronze magnifique sculpté par Antonio Canova.
Il y a aussi de nombreux tableaux de l'école néoclassique qui a fleuri en Italie au début du XIXe siècle. On y trouve, entre autres, des toiles d'Antonio Appiani. Ce lien indéfectible a pu exister grâce à sa fascination pour les drapés de la sculpture et de la peinture antiques. Quand il s'ingéniait à décrire avec un soin extrême des fauteuils ou des bottes pour ensuite passer à des plis qui ne s'attachent plus à rien de réel, mais qui sont le sujet même de ses compositions.
Dans ce livre, qui n'est pas une autobiographie ni un traité théorique, mais un peu des deux dans des chapitres souvent courts où il traite de questions qui l'ont intéressé à tel ou tel moment du développement de sa pensée de ce que devait être l'art pour lui. On découvre au fil de ces pages des personnages qui ont compté pour lui, comme le regretté Gianni Spadari, l'un des peintres de la nouvelle figuration. Il dédie un long texte à ses origines familiales (qui sont émiliennes) et sur ses débuts dans la pratique artistique, avec la réalisation en 1959 avec un ami étudiant d'une peinture murale dans une chapelle de l'église des Anges à Milan en 1959 de San Carlo Borromeo, qui visite le couvent des Frères mineurs. Il est évident qu'il n'a pas encore trouvé son chemin, mais son travail est loin de démériter. Cette oeuvre, qui est toujours à sa place, est la preuve qu'il est déjà en possession de solides moyens d'expression picturale. Il remonte le temps, nous rappelle l'apparition spectaculaire du Pop Art à la Biennale de Venise en 1964, puis de l'exposition américaine qui a suivi bien plus tard à Milan. Il parle de sa relation avec Achille Funi (un des grands artistes de l'ère fasciste), qui avait créé une École de décoration. De 1967 à 1974, il baptise ses oeuvres Objets alarmants. En 1973, il participe à une exposition à Bruxelles intitulée « Quatre peintres et une ville ». Et son histoire se poursuit des voyages dans les terres lointaines et ingrates, de l'Algérie au Tibet, de la Biennale de Venise confiée à Sgarbi, qui en a fait une chose monstrueuse, en passant par quelques peintres qui l'ont intéressé ou qui l'ont déçu profondément, des explications sur le cours de son oeuvre à l'opposé de la figuration, d'affaires personnelles et de rencontres professionnelles. Umberto Mariani, au fil de la plume a été en mesure à la fois de dépeindre une époque riche en événements et une vie tout aussi riche dans le champ de la peinture où il s'est affirmé comme l'un des créateurs majeurs depuis les dernières décennies du siècle passé.
 Paracelse, Alexandre Koyré, Éditions Allia, 96 p. , 7, 50 euro.
Né en Russie en 1892, Alexandre Koyré est décédé à Paris en 1964. Il a fait ses études à Rostov sur le Don et à Odessa. Il a été emprisonné en 1905 au terme de la révolution. C'est dans sa cellule qu'il a découvert l'oeuvre d'Edmund Russell. En 1908, il s'installe à Paris puis à Göttingen, où il publie sa première recherche phénoménologique, Les Paradoxes de Zénon dans une revue allemande. En 1913, il fait ses études à l'Ecole pratique des hautes études à Paris et est diplômé en philosophie. L'année suivante, il se porte volontaire dans l'armée française, dans la Légion étrangère, puis va combattre en Russie ; puis il décide de participer à la révolution russe de 1917.
De retour à Paris, il s'inscrit de nouveau à l'École Pratique et soutient une thèse intitulée Traitée sur l'idée de Dieu et sur les preuves de son existence chez Descartes. Il commence à enseigner à l'EPHEl soutient une autre thèse à l'université de Paris sur L'idée de Dieu dans la philosophie de saint Anselme. Par la suite, il devient l'un des plus éminents analystes de la pensée scientifique. Ses Études galiléennes, publiées en 1939, font date. Il collabore avec le Centre de Synthèse et avec l'Institut des Sciences et des techniques. Il fait paraître de nombreux ouvrages, dont Mystiques, spirituels et alchimistes allemands, paru en 1955, d'où est extrait le présent texte. Il devient le directeur de l'EPHÉ, mais il ne parvient pas à entrer au Collège de France.
Il s'est intéressé de près à la figure pour le moins singulière de Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelsus (1493-1541). Cet homme qui a été à la fois docteur en théologie et docteur en médecine (il est diplômé à Vérone) et qui a été à plusieurs reprises médecin militaire, s'est vu attribué la chaire de médecine à l'université de Bâle en 1527. Koyré s'interroge sur son attitude anticonformiste, en particulier à l'encontre des théories médicales de son temps. S'il rejette l'héritage antique, il ne suit pas les doctrines énoncées pendant la Renaissance. Il s'est façonné une représentation de l'homme en trois partie - le corps périssable, l'âme immortelle et un double spirituel du corps. S'il n'est en rien un idéaliste, il conçoit sur l'âme produit des images qui ont une dimension magique. Pour lui, le principe originel du monde est composé de trois éléments : le Chaos, l'Yliaster et le Mysterium Magnum. Ce dernier est à la source des quatre éléments énoncés par Aristote : l'air, l'eau, le feu et la terre. Mais cette division ne fait pas disparaître l'unité primordiale. Cela dit, le monde temporel est déchu. Il examine ensuite la philosophie alchimique développée par Paracelse, qui est originale. Il considère que la matière est constituée de différentes forces qui ont une finalité : par la transformation, d'atteindre la pureté qui est celle de l'or. Loin de moi l'intention de résumer ces considérations complexes sur le monde qu'il s'applique à expliquer avec la plus grande simplicité. Koyré est parvenu à dégager les grandes lignes de la pensée de cet être hors du commun et c'est là un travail formidable.
 Paroles d'artistes, l'effervescence des années 70-80, Anne Sauvageot, Denise et Claude Jeanmart, HD arts, 276 p.
Anne Sauvageot, professeur émérite de l'université Jean Jaurès de Toulouse a été l'architecte de cet ouvrage qui rassemble des entretiens que l'artiste Claude Jeanmart a réalisés entre 1973 et 1978 avec le soutien du Centre Georges Pompidou entre 1973 et 1978 et qui ont été transcrits avec l'aide de son épouse Denise Jeanmart, ancien chercheur associé à l'université Jean Jaurès. Elle y a également été responsable du CNED. Il a retenu vingt-deux créateurs, Raoul Ubac, Vincent Bioulès, Jacques Monory, Niki de Saint-Phalle, Annette Messager, Christian Boltanski, pour ne citer qu'eux. Cette liste donne une idée assez complète de ce qui s'est déroulé dans les milieux d'avant-garde de la France de cette période charnière. Il est évident qu'il n'a pas cherché à mettre en scène la production plastique de ces années dans toute son ampleur. Son objectif n'était pas de parvenir à reconstituer l'ensemble de ce qui a pu être imaginé alors. Des noms illustres manquent et je regrette beaucoup qu'il n'ait pas songer à se rendre dans l'atelier de Gérard Garouste, qui est incontestablement le plus grand de tous. Mais la polémique n'a pas lieu d'être car ces entretiens sont un important échantillonnage de différents courants, de la figuration narrative à Support/Surface, en passant par le Nouveau Réalisme et l'abstraction.
Grâce à ces échanges, loin d'être exhaustifs, il a su recréer un milieu et ses recherches allant dans des directions très différentes. C'est là un travail très précieux pour comprendre le passage de l'École de Paris, qui s'est affirmé au sortir de la guerre, et des pratiques souvent plus expérimentales et qui, en tout cas, ont été en rupture avec la peinture abstraite qui s'était développée d'une manière étonnante en employant toutes les ressources possibles de cette façon d'appréhender le champ pictural en dehors de la figuration. C'est aussi permettre de comprendre que la Nouvelle Figuration a été l'apanage d'un nombre considérable de figures dont la majorité a été animée par des considérations politiques (le Salon de la Jeune Peinture en a amplement témoigné). Mais il y aussi eu une foule d'événements pendant cette période, comme la création de la revue Opus international et puis celle d'Art Press, plus tournée vers les Etats-Unis et l'art conceptuel.
Pour qui désire comprendre cette décennie foisonnante, ce recueil sera un précieux viatique, car le lecteur pourra se rendre compte à quel point les choses se sont précipitées et que les institutions artistiques ont rapidement réagi à ces bouleversements esthétiques (par exemple, avec les trois expositions présentées par Gérald Gassiot-Talabot à l'ARC 2 du musée d'art moderne de la ville de Paris). Les néophytes y trouveront leur compte, mais aussi les professionnels chevronnés qu'il aient ou non vécu cette période.
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Gérard-Georges Lemaire 22-01-2026 |
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